Hobbies and interests
pourquoi vos centres d’intérêt comptent
Hobby, centre d’intérêt ou passion : ce que ces mots disent de vous, leurs bienfaits, et une méthode douce pour retrouver les vôtres.
« Hobbies and interests » réunit deux notions proches : le hobby est une activité qu’on pratique régulièrement pour le plaisir, le centre d’intérêt (interest) est plus large et plus abstrait. Les deux nourrissent l’identité, l’équilibre mental et le lien social. Pour (re)trouver les vôtres, partez de votre curiosité plutôt que du devoir, et essayez petit, plusieurs fois.
- Hobby : une pratique régulière (peindre, courir, cuisiner).
- Interest : un centre d’intérêt plus large (l’astronomie, l’histoire).
- Pourquoi : identité, respiration mentale, lien, plaisir de progresser.
- Comment : suivre sa curiosité, essayer petit, repérer ses moments de « flow ».
On me demande souvent, en consultation comme à la ville, « mais qu’est-ce que tu fais, toi, en dehors du travail ? » — et je vois bien le trouble que cette question provoque chez ceux qui n’ont pas de réponse toute prête. « Hobbies and interests », ces mots qu’on coche sur un CV ou qu’on bredouille à un premier rendez-vous, recouvrent quelque chose de plus profond qu’un simple passe-temps. Voici ce qu’ils disent de nous, et comment retrouver les siens quand on a l’impression de les avoir perdus.
« Hobbies and interests »
de quoi parle-t-on au juste
L’expression nous vient de l’anglais, et on la croise partout : sur les modèles de CV, dans les profils d’applications, dans les questionnaires de personnalité. Elle réunit deux mots qu’on a tendance à confondre, alors qu’ils ne disent pas exactement la même chose.
Un hobby, c’est une activité qu’on pratique, régulièrement, pour le plaisir : jardiner, peindre, courir, cuisiner, jouer d’un instrument. Il y a un geste, une pratique, quelque chose qu’on fait de ses mains ou de son corps. Un interest, un centre d’intérêt, est plus large et plus abstrait : on peut s’intéresser à l’astronomie, à l’histoire médiévale ou au cinéma japonais sans en faire une pratique quotidienne. L’un se vit, l’autre se nourrit. Et entre les deux, parfois, naît la passion, plus intense, celle qui occupe les pensées et organise le temps libre.
Ces nuances ne sont pas de la coquetterie de langage. Quand quelqu’un me dit « je n’ai pas de hobby », il a souvent des centres d’intérêt bien vivants — il lit, il regarde des documentaires, il discute pendant des heures d’un sujet qui le passionne. Ce qui lui manque, ce n’est pas la curiosité, c’est la pratique régulière. Et c’est une distinction qui change tout quand on cherche à s’y remettre.
Ce que vos centres d’intérêt font pour vous
On présente parfois les loisirs comme un luxe, une récompense qu’on s’accorde une fois le « vrai » travail accompli. Je crois que c’est se tromper sur leur nature. Pour beaucoup de personnes, un centre d’intérêt n’est pas du temps volé à la vie sérieuse ; c’est une partie de ce qui rend la vie habitable.
Le premier apport tient à l’identité. Un hobby vous définit autrement que par votre métier ou votre rôle familial. La personne qui dit « je fais de la poterie le samedi » ou « je grimpe » se raconte une histoire d’elle-même qui ne dépend ni de son patron ni de ses proches. C’est un territoire à soi, et ces territoires comptent, surtout aux périodes où l’identité professionnelle ou familiale vacille.
Le deuxième apport est celui de la respiration mentale. Une activité qui demande de l’attention sans être anxiogène — un puzzle, une partition, un potager — occupe l’esprit juste assez pour qu’il lâche ses ruminations. Le psychologue Mihály Csíkszentmihályi a décrit cet état d’absorption sous le nom de « flow » : ces moments où l’on est si engagé dans une tâche qu’on en perd la notion du temps. Beaucoup de pratiquants décrivent leur hobby exactement ainsi, et y trouvent une forme de repos actif que le simple repos ne procure pas.
S’ajoutent le lien social — un club, un atelier, une communauté en ligne créent des relations qui ne reposent pas sur l’obligation — et le plaisir tout bête de progresser à quelque chose. Se voir s’améliorer, franchir un palier : ce sentiment de compétence nourrit l’estime de soi d’une manière concrète et encourageante.
Les centres d’intérêt soutiennent le bien-être, mais ils ne remplacent pas un accompagnement quand il est nécessaire. Si une tristesse, une anxiété ou un épuisement s’installent et durent, aucun hobby ne suffira à les dénouer seul : il est alors utile d’en parler à un médecin ou à un psychologue. Cultiver ses loisirs et se faire aider ne s’opposent pas — les deux peuvent aller de pair.
Comment trouver les vôtres quand vous séchez
« Je n’ai aucun hobby » est l’une des phrases que j’entends le plus. Elle est rarement vraie ; elle signifie plutôt « je ne sais pas par où recommencer ». Voici une façon douce de s’y reprendre, sans pression.
-
Remontez à l’enfance
À quoi jouiez-vous pendant des heures, sans qu’on vous le demande ? Les goûts d’enfant sont des indices précieux, parce qu’ils précèdent les calculs d’utilité. Celui qui dessinait, construisait ou observait les insectes garde souvent, adulte, un fil à retirer.
-
Suivez votre curiosité, pas vos « il faudrait »
Notez ce qui attire spontanément votre attention : une vidéo regardée en entier, un rayon de librairie où vous traînez, une conversation qui vous anime. La curiosité est un meilleur guide que le devoir.
-
Essayez petit, et plusieurs fois
On ne sait pas si une activité nous plaît avant de l’avoir tentée trois ou quatre fois — les débuts sont presque toujours frustrants. Accordez-vous le droit d’être mauvais au départ : c’est la condition pour découvrir ce qui vous tient.
-
Repérez vos moments de « flow »
Y a-t-il une tâche où vous oubliez l’heure ? C’est souvent le signe d’un terrain à explorer. À l’inverse, si une activité vous ennuie après deux séances, laissez-la sans culpabilité : tout le monde n’est pas fait pour tout.
Les grandes familles de hobbies
Quand on cherche des idées, il aide de savoir dans quelle direction regarder. Les centres d’intérêt se répartissent en quelques grandes familles, et l’on a souvent un penchant pour l’une d’elles sans le savoir.
Les hobbies créatifs
Dessin, couture, écriture, photographie, musique : le plaisir de faire naître quelque chose qui n’existait pas. Ils demandent peu pour commencer et offrent une satisfaction immédiate, celle de la chose accomplie de ses mains.
Les hobbies physiques
Course, danse, randonnée, yoga, sports collectifs : ils passent par le corps et procurent ce mélange de fatigue et de bien-être propre à l’effort. Souvent les plus efficaces pour évacuer les tensions de la journée.
Les hobbies intellectuels
Lecture, langues, échecs, astronomie, généalogie : ils nourrissent la tête et la curiosité. Accessibles partout, souvent gratuits, ils accompagnent volontiers les autres familles plutôt que de les exclure.
Les hobbies sociaux
Bénévolat, jeux de société, chorale, clubs : ils placent la relation au cœur de l’activité. Idéals pour qui cherche autant des rencontres qu’une pratique, et précieux contre l’isolement.
| Famille | Exemples | Ce qu’on y trouve | Bon point de départ |
|---|---|---|---|
| Créatif | Dessin, couture, photo, écriture | Fabriquer, exprimer | Un carnet, un atelier d’essai |
| Physique | Marche, danse, escalade, yoga | Se dépenser, s’apaiser | Une séance découverte |
| Intellectuel | Lecture, langues, échecs | Apprendre, comprendre | Un livre, une appli gratuite |
| Social | Bénévolat, jeux, chorale | Rencontrer, partager | Une association près de chez vous |
Rien n’oblige à choisir une seule famille. Les profils les plus épanouis combinent souvent un hobby qui défoule et un autre qui apaise, un qu’on pratique seul et un qu’on partage.
Trouver le temps sans culpabiliser
L’objection revient toujours : « je n’ai pas le temps ». Elle est légitime, et je me garderais bien de la balayer. Mais le temps consacré à un centre d’intérêt n’est pas du temps soustrait au reste ; c’est souvent ce qui permet de tenir le reste. Vingt minutes de pratique valent mieux que deux heures rêvées qui n’arrivent jamais.
L’astuce n’est pas de libérer de grandes plages — elles ne viennent pas — mais d’ancrer l’activité à un moment déjà existant : après le dîner, le dimanche matin, dans les transports pour ce qui s’y prête. Et de baisser ses exigences au démarrage : on ne reprend pas le piano en jouant une sonate, mais en s’asseyant cinq minutes. La régularité modeste l’emporte presque toujours sur l’ambition épisodique.
Sur un CV, deux ou trois centres d’intérêt sincères et précis valent mieux qu’une liste générique : « randonnée en moyenne montagne » dit quelque chose, « voyages, lecture, cinéma » ne dit rien. La précision rend crédible et offre un point d’accroche en entretien. Dans les rencontres, même principe : parler de ce qui vous anime vraiment vaut mieux que de réciter ce qui « fait bien ». Évitez surtout d’inventer un loisir que vous ne pratiquez pas.
Vos centres d’intérêt, une porte plutôt qu’une vitrine
On finit souvent par considérer ses hobbies comme une vitrine à décorer pour les autres : le recruteur, le rendez-vous, l’entourage. C’est dommage, parce que leur vraie valeur est ailleurs. Un centre d’intérêt n’est pas là pour impressionner ; il est là pour vous tenir compagnie, vous occuper l’esprit, vous relier à d’autres et vous rappeler que vous êtes plus que vos obligations.
Alors plutôt que de chercher le hobby qui « ferait bien », cherchez celui qui vous fait du bien. Les deux coïncident rarement par hasard, mais quand ils coïncident, c’est généralement le signe que vous avez trouvé le bon.
Quelle est la différence entre un hobby et une passion ?
Le hobby est une activité de loisir qu’on pratique régulièrement pour le plaisir, sans qu’elle envahisse le reste de la vie. La passion est plus intense : elle occupe les pensées, organise le temps libre, parfois déborde sur le quotidien. Un hobby peut devenir une passion, et une passion peut s’apaiser en hobby. Il n’y a pas de hiérarchie : les deux sont des manières saines de s’investir dans quelque chose qu’on aime.
Combien de hobbies faut-il avoir ?
Aucun nombre n’est requis. Une seule activité pratiquée avec constance apporte souvent plus qu’une collection de loisirs survolés. Beaucoup de personnes épanouies en ont deux ou trois, complémentaires — un qui défoule, un qui apaise, un qui se partage. L’important est la qualité de l’engagement, pas la longueur de la liste.
Peut-on avoir un hobby sans argent ?
Tout à fait. Marche, lecture en bibliothèque, dessin, course à pied, jeux de société, bénévolat, jardinage sur un balcon : beaucoup d’activités riches coûtent peu ou rien. Le coût d’un loisir n’a aucun rapport avec le plaisir ou les bienfaits qu’on en retire. Commencer avec du matériel modeste évite d’ailleurs de transformer la découverte en investissement intimidant.
Quels hobbies mettre sur un CV ?
Privilégiez deux ou trois centres d’intérêt sincères et précis plutôt qu’une liste passe-partout. Une activité qui montre une qualité utile — persévérance, travail d’équipe, créativité — est un plus, à condition d’être vraie. Évitez d’inventer : un recruteur peut rebondir dessus en entretien, et rien n’est plus inconfortable que de parler d’un loisir qu’on ne pratique pas.
Comment s’y tenir quand la motivation retombe ?
Ancrez l’activité à un moment fixe de la semaine plutôt que d’attendre l’envie, qui est capricieuse. Visez de petites séances régulières plutôt que de grandes sessions rares. Et acceptez les pauses sans dramatiser : un hobby n’est pas un examen, on peut le laisser et le reprendre. La culpabilité est le meilleur moyen de transformer un plaisir en corvée.
Au fond, la vraie question n’est pas « quel hobby choisir », mais « qu’est-ce qui, dans une journée, me fait oublier l’heure ». La réponse est rarement là où l’on cherche à plaire ; elle est là où l’on se sent enfin soi. Et si vous n’avez pas encore la vôtre, peut-être est-ce simplement qu’elle vous attend, un cran plus loin que le premier essai.