Beauté · Maquillage

Maquillage années 20

les codes des années folles

Teint de porcelaine, regard charbonneux, bouche en cœur : le vestiaire beauté des années folles se reproduit avec une trousse d’aujourd’hui.

Femme coiffée à la garçonne, headband et perles, dans l'esprit du maquillage des années folles
Réponse rapide

Le maquillage des années 20 repose sur quatre signatures : un teint clair poudré très mat, des yeux sombres estompés au khôl, des sourcils fins légèrement descendants et une bouche foncée redessinée en cœur, plus petite que la bouche naturelle. Le look se reproduit avec une trousse classique, en version complète pour une soirée Gatsby ou adoucie pour le quotidien.

  • Teint : clair, uniforme, poudré jusqu’au mat absolu, blush posé en rond sur la joue.
  • Yeux : khôl au ras des cils, fondu en halo — jamais de trait net.
  • Sourcils : fins, dessinés, la queue légèrement descendante vers la tempe.
  • Bouche : bordeaux ou prune mat, redessinée en cœur, arrêtée avant les commissures.

Le maquillage des années folles

une révolution en poudrier

Paris, 1925. Dans les loges des music-halls comme dans les salles de bain bourgeoises, un geste nouveau s’installe : on se maquille, et on le montre. C’est une rupture. Le siècle précédent voulait des joues à peine rosées, un teint « naturel » obtenu en secret ; les années folles assument le fard visible, la bouche dessinée, l’œil noirci. Le poudrier devient un objet de sac à main, qu’on sort en public, entre deux charlestons.

Les visages qui imposent ce style s’appellent Louise Brooks, son carré noir laqué et son regard sombre, Clara Bow et sa bouche minuscule en cœur, Joséphine Baker, dont le music-hall parisien fait une icône. La garçonne coupe ses cheveux, raccourcit ses robes et se dessine un visage graphique, presque théâtral. Cent ans plus tard, ce visage reste immédiatement reconnaissable — c’est peut-être le look beauté le plus identifiable du XXe siècle.

Les codes du look

quatre signatures qui font tout

Le maquillage année 20 tient en quatre marqueurs, et c’est leur combinaison qui fait l’époque.

Le teint d’abord : clair, uniforme, poudré jusqu’au mat absolu. Pas de bonne mine dorée, pas d’éclat lumineux — la peau doit évoquer la porcelaine, avec ce fini légèrement poudreux qu’on obtenait alors à la poudre de riz. Le blush existe, mais il se pose en rond, sur le bombé de la joue, comme une poupée, et non en balayage remontant vers la tempe.

Les yeux ensuite : charbonneux, mais fondus. Le khôl cercle l’œil, au ras des cils du haut comme du bas, puis s’estompe vers la paupière en un halo gris ou brun, sans tracé net. C’est un œil de clair-obscur, pensé pour les lumières électriques des cabarets — rien à voir avec l’eyeliner graphique qui viendra plus tard.

Les sourcils, signature la plus datée : fins, très dessinés, légèrement descendants vers la tempe, ce qui donne au regard cette mélancolie douce qu’on voit sur les portraits de l’époque. C’est le détail que tout le monde oublie, et celui qui fait basculer un visage dans la décennie.

La bouche enfin, la plus célèbre : foncée — bordeaux, prune, rouge sombre — et redessinée en cœur, plus petite que la bouche réelle. On arrondit l’arc de Cupidon, ce que les Anglo-Saxons appellent la « cupid’s bow », et on ne suit pas les commissures jusqu’au bout.

Le tutoriel pas à pas avec des produits d’aujourd’hui

Inutile de chercher de la poudre de riz ancienne : la trousse actuelle suffit. L’ordre compte, parce que chaque étape prépare la suivante.

  1. Le teint, mat et poudré

    Une base fine, un fond de teint dans sa carnation réelle ou un demi-ton plus clair, puis un poudrage généreux, partout, jusqu’à éteindre toute brillance. Le blush — un rose un peu poudreux — se tapote en rond au centre de la joue, sans l’étirer.

  2. Les yeux, en halo fondu

    Un fard gris, brun ou taupe sur toute la paupière mobile, estompé au doigt vers l’arcade en insistant près des cils. Un crayon khôl noir cercle l’œil, ras des cils supérieurs et inférieurs, puis se fond immédiatement au pinceau ou au coton-tige : l’œil années 20 est un dégradé, jamais un trait. Un voile de mascara termine, sans faux cils obligatoires.

  3. Les sourcils, fins et descendants

    La main la plus légère. Pour une soirée, on assume le code complet : brosser le sourcil vers le bas, combler en un trait fin qui s’étire légèrement vers la tempe, descendre à peine la queue du sourcil. Au crayon, par petits traits — jamais de bloc.

  4. La bouche, en cœur foncé

    La bouche se dessine avant de se remplir. Un crayon à lèvres bordeaux redessine l’arc de Cupidon en l’arrondissant et s’arrête avant les commissures. On remplit au rouge sombre et mat, on retouche au coton-tige pour garder la forme nette. Le geste paraît étrange la première fois — on rétrécit sa bouche au lieu de l’agrandir — et c’est exactement lui qui fait tout.

Le détail qui change tout tient dans un geste : l’estompe. Dix minutes de plus à fondre le khôl et le fard changent le résultat du tout au tout.

Version soirée Gatsby ou version tous les jours

Pour une soirée à thème, le look complet s’assume tel quel, et les accessoires font la moitié du travail : headband à plume ou bandeau strassé, carré (vrai ou faux, épingles à l’appui), rang de perles. La lumière des fêtes pardonne l’intensité — c’est pour elle que ce maquillage a été inventé.

Au quotidien, on ne garde que deux codes sur quatre, et le look devient étonnamment portable : le teint mat poudré et la bouche bordeaux en cœur adouci — c’est-à-dire simplement un contour qui ne cherche pas à agrandir. On renonce aux sourcils redessinés et on remplace le halo enfumé par un simple ras-de-cils khôl estompé. L’allure rétro reste lisible, sans costume. La bonne mesure se trouve vite : si quelqu’un demande où est la soirée, on retire une couche.

Les erreurs qui trahissent le déguisement

La plus fréquente est un anachronisme : glisser vers la pin-up des années 50, avec eyeliner ailé graphique et rouge vif orangé. Ce sont deux grammaires opposées — l’œil années 20 est fondu et sombre, l’œil années 50 est net et ailé ; la bouche années 20 rétrécit en cœur foncé, la bouche années 50 s’agrandit en rouge franc. Mélanger les deux donne un vintage flou qui ne raconte plus rien.

Deuxième oubli : les sourcils. Garder des sourcils épais et brossés vers le haut sous un œil enfumé et une bouche en cœur, c’est un visage qui hésite entre deux époques. Pour une soirée, le sourcil fin descendant vaut la peine d’être tenté — il se démaquille comme le reste.

Dernier piège : le khôl non estompé, qui durcit le regard au lieu de l’enfumer, et le poudrage timide, qui laisse briller un teint que l’époque voulait mat. On se rend compte, après coup, que c’était le moment qui comptait.

Quelles sont les caractéristiques du maquillage des années 20 ?

Quatre signatures : un teint clair poudré très mat avec un blush posé en rond sur la joue, des yeux sombres au khôl estompé en halo, des sourcils fins légèrement descendants vers la tempe, et une bouche foncée redessinée en cœur, volontairement plus petite que la bouche naturelle.

Quel rouge à lèvres choisir pour un look Gatsby ?

Un rouge sombre et mat : bordeaux, prune ou rouge profond. L’important est autant la forme que la couleur — la bouche se redessine en cœur avec un crayon, en arrondissant l’arc de Cupidon et en s’arrêtant avant les commissures, pour retrouver la bouche des années folles.

Quelle différence entre le maquillage années 20 et années 50 ?

Presque tout les oppose. Années 20 : œil fondu au khôl, bouche foncée rétrécie en cœur, sourcils fins descendants. Années 50 : eyeliner ailé net, bouche agrandie en rouge vif, sourcil structuré. Mélanger les deux est l’erreur la plus fréquente des soirées à thème.

Peut-on porter un maquillage inspiré des années 20 au quotidien ?

Oui, en ne gardant que deux codes : le teint mat poudré et une bouche bordeaux au contour discret, sans chercher à l’agrandir. On remplace le halo sombre par un simple ras-de-cils khôl estompé et on garde ses sourcils naturels. L’esprit rétro reste lisible sans effet costume.

Un carré laqué, un rang de perles, une bouche en cœur : cent ans après, trois gestes suffisent encore à convoquer toute une décennie.