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Histoire de la famille du Puy du Fou

deux lignées pour un même lieu

Une lignée seigneuriale médiévale, puis la famille de Villiers : huit siècles séparent les deux familles qui ont fait le Puy du Fou.

Château fort français en pierre à tours rondes et toits coniques, évoquant l'histoire seigneuriale du Puy du Fou.
Réponse rapide

Deux familles se cachent derrière le Puy du Fou. La lignée des seigneurs du Puy du Fou a bâti le château vendéen entre le Moyen Âge et la Renaissance, avant de s’éteindre au XVIIe siècle. La famille de Villiers, elle, a redécouvert le site en ruine en 1977, créé la Cinéscénie puis le Grand Parc, et dirige toujours le lieu — sans lien de descendance directe avec la première.

  • Deux familles distinctes : les du Puy du Fou (lignée éteinte) et les de Villiers (créateurs du parc), sans filiation directe.
  • Un nom venu du hêtre : « Puy du Fou » signifie « la colline du hêtre », rien à voir avec le feu ni la folie.
  • Un château au cœur du parc : bâti à la Renaissance, incendié en 1794, aujourd’hui décor vivant des spectacles.
  • Une affaire de famille toujours vivante : Nicolas de Villiers préside le Puy du Fou après son père Philippe.

Le Puy du Fou, une histoire de deux familles

La question revient chez les visiteurs qui découvrent le parc vendéen : la famille du Puy du Fou existe-t-elle encore ? La réponse tient dans une distinction que presque personne ne fait. Il y a d’abord eu la famille du Puy du Fou, une lignée de seigneurs qui a pris le nom de sa terre vers l’an 1200 et l’a portée pendant plus de quatre siècles, avant de s’éteindre au XVIIe siècle. Puis, trois cents ans plus tard, est arrivée la famille de Villiers, sans lien de descendance directe avec la première, mais qui a fait de ce lieu oublié l’un des parcs les plus visités de France.

Deux familles, deux époques, un même coteau du bocage vendéen, aux Épesses. Pour comprendre le Puy du Fou d’aujourd’hui, il faut raconter les deux.

D’où vient ce nom étrange

la colline du hêtre

Le nom intrigue, et les fausses pistes abondent : rien à voir avec le feu, rien à voir avec la folie. « Puy » vient du latin podium, la hauteur, la butte — on le retrouve dans le Puy-de-Dôme ou Le Puy-en-Velay. « Fou » est l’ancien français pour le hêtre, hérité du latin fagus. Podium Fagi, la colline du hêtre : le nom est attesté depuis le XIIIe siècle au moins, et s’est lentement déformé jusqu’à sa forme actuelle.

C’est donc le lieu qui a nommé la famille, et non l’inverse : les premiers seigneurs installés sur cette butte boisée en ont pris le nom, comme le voulait l’usage.

Les seigneurs du Puy du Fou, du donjon de bois au château Renaissance

Le château du Puy du Fou que l’on visite aujourd’hui est l’aboutissement d’une longue histoire, qui commence bien avant la pierre Renaissance. Quatre étapes résument la construction du domaine seigneurial, du simple tertre fortifié au palais resté inachevé.

  1. Vers 1200 — La motte de Renaud

    Renaud du Puy du Fou, que les généalogies donnent comme premier seigneur connu du domaine, s’installe sur la butte. Le premier « château » n’a rien du monument actuel : une motte féodale, une tour de bois, des fossés.

  2. Guerre de Cent Ans — Le domaine en ruine

    Le conflit passe par la Vendée et laisse la forteresse détruite. Le site reste à l’abandon avant qu’un descendant n’entreprenne de le relever.

  3. XVe siècle — La reconstruction de Guy

    Guy du Puy du Fou obtient l’autorisation royale de rebâtir, en réemployant les pierres de l’ancienne place forte. Le domaine seigneurial retrouve alors une vraie assise.

  4. 1496-1548 — Le château Renaissance de François II

    François II du Puy du Fou lance la construction d’un château Renaissance en brique et granit, inhabituel dans la région à cette échelle. Il ne le verra jamais achevé : le chantier s’arrête en chemin, et l’édifice restera inachevé.

La lignée, elle, s’éteint au XVIIe siècle. Le domaine passe alors de main en main, et les guerres de Vendée lui portent le coup le plus dur : le château du Puy du Fou est incendié en 1794. De la demeure des seigneurs, il ne reste bientôt qu’une ruine gagnée par la végétation.

1977

Philippe de Villiers découvre un château en ruine

Le deuxième acte commence par cette ruine noyée dans les broussailles. En 1977, Philippe de Villiers, jeune Vendéen, imagine pour ce décor un spectacle nocturne d’un genre nouveau : la Cinéscénie, une fresque historique qui raconte la Vendée à travers la mémoire d’une famille paysanne. La première a lieu en juin 1978, portée par des centaines d’habitants des communes voisines, les Puyfolais. Le spectacle s’installe durablement : la Cinéscénie est aujourd’hui présentée comme le plus grand spectacle nocturne au monde.

Douze ans plus tard, en 1989, l’aventure change d’échelle : le Grand Parc ouvre en journée, avec ses spectacles historiques immersifs — gladiateurs, Vikings, chevaliers, fauconniers. Le principe ne variera pas : pas de manèges, des spectacles.

Le Puy du Fou aujourd’hui

une affaire de famille qui continue

L’histoire familiale ne s’est pas arrêtée au fondateur. Nicolas de Villiers, l’un de ses fils, préside aujourd’hui le Puy du Fou et a piloté son développement à l’international, avec un parc en Espagne. Le modèle reste singulier dans le paysage des loisirs : un ancrage territorial fort et des milliers de bénévoles qui font vivre la Cinéscénie chaque été.

Quant au château qui a tout déclenché, il n’est pas un décor lointain : il trône au cœur du parc et abrite l’un des spectacles. Le visiteur qui traverse sa cour Renaissance marche là où huit siècles se sont empilés — la motte de bois de Renaud, les pierres de Guy, l’ambition inachevée de François II, l’incendie de 1794, et le pari un peu fou d’un soir de 1977.

Pourquoi le parc s’appelle-t-il le Puy du Fou ?

Le nom vient du latin Podium Fagi, « la colline du hêtre » : « puy » désigne une butte et « fou » est l’ancien mot français pour le hêtre. Attesté depuis le XIIIe siècle, il désignait le lieu avant de devenir le nom de la famille seigneuriale qui s’y est installée.

La famille du Puy du Fou existe-t-elle encore ?

Non. La lignée des seigneurs du Puy du Fou, connue depuis Renaud vers l’an 1200, s’est éteinte au XVIIe siècle. La famille de Villiers, qui a créé le parc en 1977 et le dirige toujours, n’en descend pas directement.

Qui a construit le château du Puy du Fou ?

Le château Renaissance visible au cœur du parc a été voulu par François II du Puy du Fou dans la première moitié du XVIe siècle, sur un site fortifié bien plus ancien. Resté inachevé, il a été incendié pendant les guerres de Vendée en 1794, avant d’être remis en valeur avec la création du parc.

Qui dirige le Puy du Fou aujourd’hui ?

Nicolas de Villiers, fils du fondateur Philippe de Villiers, préside le Puy du Fou. La Cinéscénie, elle, continue de reposer sur des milliers de bénévoles, les Puyfolais, issus des communes alentour.

Derrière un nom que tout le monde connaît, deux familles que presque personne ne distingue : c’est peut-être là le vrai récit du Puy du Fou.