« Hobbies » en français
le mot juste et le bon usage
Passe-temps, loisirs, centres d’intérêt : ce que valent les équivalents français, et comment parler de ses activités avec justesse.
« Hobbies » se dit en français passe-temps, loisirs ou centres d’intérêt selon le contexte. Le mot « hobby » figure lui-même dans les dictionnaires français, avec deux pluriels admis : « hobbys » ou « hobbies ». Sur un CV, la rubrique attendue s’intitule « Centres d’intérêt ».
- Mot admis : « hobby » a son entrée dans le Larousse et le Robert, nom masculin d’usage courant.
- Deux pluriels : « des hobbys » (francisé) ou « des hobbies » (anglais), au choix mais sans mélanger.
- Équivalents : passe-temps, loisirs, centres d’intérêt, passion — chacun a son registre.
- Constructions : jouer à un sport ou un jeu, jouer d’un instrument, faire d’une activité.
« Hobby » est-il un mot français ?
Oui, et depuis longtemps. Le mot figure dans le Larousse comme dans le Robert, avec une entrée à part entière : nom masculin, emprunté à l’anglais, désignant une activité que l’on pratique pour son plaisir pendant son temps libre. On dit donc un hobby, mon hobby, sans italique ni guillemets d’excuse. L’anglicisme s’est installé dans l’usage courant, à l’oral surtout, et personne ne vous reprendra si vous l’employez dans une conversation.
Le pluriel, en revanche, fait hésiter tout le monde. Les dictionnaires admettent deux formes : des hobbys, à la française, et des hobbies, à l’anglaise. La graphie francisée suit la règle des mots empruntés qui prennent un simple s ; l’autre conserve le pluriel d’origine. Choisissez-en une et tenez-vous-y dans un même texte — c’est la cohérence qui compte, pas le camp choisi.
Reste une nuance de registre. À l’écrit soigné, dans un article, une lettre de motivation ou un document professionnel, le français dispose d’équivalents plus naturels que l’emprunt. C’est là que le choix du mot devient un vrai sujet.
Les équivalents français de « hobbies » et leurs nuances
Le français ne manque pas de mots pour dire la même chose, et chacun a sa couleur. Le passe-temps est le plus proche cousin du hobby : une activité qui occupe agréablement le temps libre. Le mot est invariable au pluriel — des passe-temps — et garde une connotation légère, presque modeste : un passe-temps ne prétend pas être une vocation.
Les loisirs désignent quelque chose de plus large : l’ensemble du temps libre et de ce qu’on en fait. On parle des loisirs d’une famille, d’un centre de loisirs, du budget loisirs. Le mot s’emploie presque toujours au pluriel dans ce sens, et il englobe aussi bien la randonnée du dimanche que la série du soir. Le centre d’intérêt, lui, est la formule des documents officiels et des candidatures — on y revient plus bas.
La passion monte d’un cran dans l’intensité. On la réserve à l’activité qui compte vraiment, celle qui structure les week-ends et les conversations. Dire « la céramique est ma passion » engage davantage que « je fais un peu de poterie ». Restent deux jolies expressions, plus rares. Le violon d’Ingres désigne le talent qu’on cultive en dehors de son métier — l’expression vient du peintre Ingres, violoniste amateur passionné. Elle a un parfum littéraire et fait toujours son effet à l’écrit. Le dada, lui, appartient au registre familier et un peu désuet : « la généalogie, c’est son dada ». Charmant, mais à doser.
| Mot ou expression | Registre | Quand l’employer |
|---|---|---|
| Hobby (pl. hobbys ou hobbies) | Courant, plutôt oral | Conversation, échanges informels |
| Passe-temps (invariable) | Courant, tous supports | Une activité précise de temps libre |
| Loisirs | Courant à soigné | Le temps libre dans son ensemble |
| Centres d’intérêt | Formel | CV, candidatures, formulaires |
| Passion | Courant, engagé | L’activité qui compte vraiment |
| Violon d’Ingres | Soutenu, littéraire | Écrit soigné, portrait de quelqu’un |
| Dada | Familier, vieilli | Clin d’œil affectueux, à petite dose |
Quel mot choisir selon la situation ?
Tout dépend de qui lit, et où. Dans une conversation courante, hobby, passe-temps et loisirs s’échangent sans problème. « Tu as des hobbies ? » sonne naturel entre collègues ou amis, et la réponse peut piocher dans n’importe quel registre.
Sur un CV, la rubrique consacrée s’intitule presque toujours « Centres d’intérêt ». C’est la formule attendue en France, celle que les recruteurs cherchent des yeux en bas de page. Y écrire « Hobbies » se voit encore, hérité des modèles anglo-saxons, mais la version française est plus juste dans un document rédigé en français. En entretien, on glissera plutôt vers des phrases complètes : « en dehors du travail, je consacre du temps à… ».
À l’écrit soigné — un article, un courrier, un dossier — préférez les équivalents français. Non par purisme, mais parce qu’ils sont plus précis : loisirs pour le temps libre en général, passe-temps pour l’activité ponctuelle, passion pour ce qui vous tient vraiment. Un texte gagne en justesse quand chaque mot porte sa nuance exacte. Dans un registre détendu, à l’oral ou sur les réseaux, tout est permis, y compris le dada de grand-mère et le hobby anglicisé. La langue vit très bien avec ces couches superposées.
Nommer ses hobbies en français
le vocabulaire par famille
Beaucoup d’activités circulent aujourd’hui sous leur nom anglais alors que le français a le sien, souvent plus parlant. Trois familles suffisent à couvrir l’essentiel de ce qu’on pratique à la maison, dehors ou devant un écran.
Activités créatives et manuelles
Le tricot, le crochet, la couture, la broderie forment le noyau des loisirs du fil. Le scrapbooking n’a pas de traduction installée, mais le loisir créatif sert de terme générique dans les boutiques et les magazines. La poterie et la céramique se disent telles quelles, tout comme la calligraphie, l’aquarelle, le dessin. Le DIY des tutoriels vidéo, c’est simplement le fait-main ou le bricolage créatif. La menuiserie, la restauration de meubles chinés, la reliure : autant de gestes qui portent des noms français depuis toujours.
En cuisine, on parle de pâtisserie, de boulange maison pour ceux qui pétrissent leur pain, d’œnologie pour la découverte du vin. Le batch cooking reste un anglicisme courant ; « cuisiner ses repas de la semaine en une fois » le dit moins vite, mais le dit bien.
Sport et plein air
La randonnée, la course à pied, la natation, l’escalade, le vélo n’ont jamais eu besoin d’emprunt. Le running des applications, c’est la course à pied ; le hiking des réseaux sociaux, la randonnée. Le yoga et le pilates gardent leurs noms d’origine, entrés dans l’usage. Côté jardin, le jardinage et le potager comptent parmi les loisirs les plus répandus, et la photographie de nature accompagne volontiers la marche.
Culture, jeux et écrans
La lecture et l’écriture n’ont pas bougé, ni le cinéma ni le théâtre. Le gaming, en revanche, se dit très bien jeu vidéo, et les soirées autour d’un plateau relèvent des jeux de société. La photographie — argentique ou numérique — fait le pont entre technique et regard. Et la généalogie, discrète, patiente, occupe des heures entières d’archives : le genre d’activité qu’on n’ose pas appeler hobby tant elle ressemble à une enquête au long cours.
Jouer à, jouer de, faire de
construire ses phrases sans se tromper
C’est le point de grammaire qui distingue tout de suite une phrase naturelle d’une phrase bancale. La règle tient en trois constructions.
Jouer à
Je joue au tennis, au football, aux échecs, à des jeux vidéo. La construction des sports d’équipe et de tous les jeux.
Jouer de
Elle joue du piano, de la guitare, de la batterie. Réservé aux instruments de musique, sans exception.
Faire de
Je fais de la natation, du yoga, de la poterie, de l’aquarelle. La construction passe-partout des activités et sports individuels.
S’ajoutent les verbes directs, les plus simples et souvent les plus élégants : je lis, je cuisine, je peins, je jardine, je cours, je tricote. Une phrase comme « je cours deux fois par semaine » sonne plus naturelle que « je fais du running ».
Croiser les constructions : « je joue du tennis » ou « je fais du piano » s’entendent, mais la version soignée reste « je joue au tennis » et « je joue du piano ». Un détail, mais un détail qui fait tenir le reste.
Parler de ses loisirs avec naturel
exemples concrets
Les listes de vocabulaire ne suffisent pas ; ce qui compte, c’est la phrase entière, celle qu’on prononce sans y penser. Pour se présenter simplement : « En dehors du travail, je passe beaucoup de temps à l’atelier — je restaure des petits meubles chinés. » Ou, plus sobre : « Mes passe-temps, c’est la lecture et la randonnée. »
En entretien d’embauche, la version posée : « Côté centres d’intérêt, je pratique la photographie depuis plusieurs années et je fais partie d’un club de course à pied. » L’activité dit quelque chose de vous ; le mot choisi aussi.
Trois gestes bien placés valent mieux que dix moyens : sur un profil comme dans une conversation, mieux vaut trois loisirs incarnés qu’une liste interminable.
Sur un profil en ligne, la formule courte fonctionne : « Passionnée de céramique, adepte du fait-main, toujours un tricot en cours. » Et dans une conversation, le plus naturel reste la question ouverte : « Qu’est-ce que tu aimes faire de ton temps libre ? » Elle évite le choix du mot — hobby, passe-temps ou passion — et laisse l’autre raconter. C’est souvent là que les loisirs prennent leur vraie place : non pas une rubrique à remplir, mais une manière d’habiter ses journées.
Comment dit-on « hobbies » en français ?
Selon le contexte : « passe-temps » pour une activité de temps libre, « loisirs » pour l’ensemble du temps libre, « centres d’intérêt » sur un CV, « passion » quand l’activité compte vraiment. Le mot « hobby » est aussi admis tel quel par les dictionnaires français.
Quel est le pluriel de « hobby » en français ?
Les deux formes sont admises par les dictionnaires : « des hobbys » (pluriel francisé) ou « des hobbies » (pluriel anglais d’origine). L’essentiel est de garder la même graphie dans un même texte.
Que mettre à la place de « hobbies » dans un CV ?
La rubrique standard des CV français s’intitule « Centres d’intérêt ». C’est la formule attendue par les recruteurs en France, plus juste que « Hobbies » dans un document rédigé en français.
Quelle différence entre passe-temps et loisir ?
Le passe-temps désigne une activité précise qui occupe agréablement le temps libre (le tricot, les mots croisés). Les loisirs, presque toujours au pluriel, désignent plus largement le temps libre et tout ce qu’on en fait. « Passe-temps » est invariable : des passe-temps.
Dit-on « jouer au piano » ou « jouer du piano » ?
« Jouer du piano » : la construction « jouer de » est réservée aux instruments de musique. « Jouer à » s’emploie pour les sports et les jeux (jouer au tennis, aux échecs), et « faire de » pour la plupart des autres activités (faire de la natation, de la poterie).
Le bon mot est celui qui vous ressemble : hobby entre amis, centres d’intérêt sur le papier, passion quand c’en est une. Le reste, c’est du temps libre bien habité.